.

LA PROBLEMATIQUE

Les enjeux…

 

Family All Together At Christmas Dinner

images

L’industrie de l’alimentation animale est géante et ses ventes 
mondiales dépassent les mille milliards de dollars. En effet, pour alimenter les 7,3 milliards d’humains sur terre actuellement, il faut d’abord nourrir des 
milliards d’animaux d’élevage pour la viande, le lait et les œufs.
Il s’agit  principalement de bovins, de moutons, de porcs et de volailles. À ce nombre s’additionne les milliards de poissons d’aquaculture, les animaux dans les zoos et les animaleries, ainsi 
que les milliards d’animaux de compagnies. L’analyse démontre que cette industrie grandit plus vite que la
population en général. Or, cette réalité dissimule un problème qui s’intensifie d’année en année : la fourniture des protéines essentielles aux élevages.

Rappelons que la nourriture animale est en grande partie d’origine végétale. Les céréales et le fourrage constituent le carburant des élevages, responsables de l’apport de la majorité des nutriments. Cependant, pour des animaux monogastriques comme les poulets, les saumons et les porcs, un apport de protéines essentielles est toutefois nécessaire, pour soutenir leur croissance et maintenir la santé des cheptels.

Le soya, les tourteaux et les farines animales sont les principales sources de protéines essentielles d’appoint des élevages. Ce marché représente 10 % du marché total de l’alimentation animale, c’est-à-dire plus de cent milliards de dollars annuellement. Les protéines animales, particulièrement riches en acides aminés essentiels, procurent tous les ingrédients nécessaires à une saine croissance. En élevage, leur utilisation est efficace, voire incontournable. Cette demande alimentaire doublera au cours des 15 prochaines années, face à une démographie et un niveau de vie en croissance.

 

004

 

Avant 2001

002

001

Tous les animaux incluant l’homme, les ruminants, les volailles, les poissons et les insectes ont besoin d’acides aminés essentiels. Constituants des protéines, ce sont les matériaux du corps. Ces acides aminés essentiels ne peuvent être obtenus que par l’ingestion d’une alimentation végétale très variée ou en consommant régulièrement des protéines animales qui en sont très riches.

Avant 2001, ce besoin en protéines essentielles des élevages était largement comblé par l’industrie de l’équarrissage : de la viande de récupération industriellement transformée en farines animales. Elles n’étaient, avouons-le, ni éthiques, ni idéales au départ.

En 2001 cependant, l’encéphalopathie spongiforme bovine ou «maladie de la vache folle» s’est alors manifestée dans les élevages. Elle était propagée par des farines animales insalubres transformées par l’industrie de l’équarrissage et contenant des protéines défectueuses (prions) d’animaux malades. Des millions de bêtes furent infectés et abattus. Depuis, ces farines sont interdites et on n’utilise pratiquement que les farines de poisson pour fournir des protéines animales aux élevages.

interdiction-des-farines-animales-en-francevache2

MAD COW DESEASE BSE

 

Actuellement

Aquaculture

Omega3

Environ 40 millions de tonnes de poisson annuellement, soient 37 % des prises en mer, constitue la pêche minotière : des poissons transformés en farine et en huile. Elle ne sert principalement qu’à nourrir les saumons, les poulets et les porcs de la chaine alimentaire postindustrielle. Au départ, cette pêche était transitoire et peu importante. Or, cette activité est devenue insoutenable pour les espèces en cause et leurs prédateurs naturels.

La pisciculture, en particulier, s’annonçait comme une panacée à ses débuts. À la suite de l’épuisement constaté et mesuré des océans, on a pu envisager, comme avec l’élevage traditionnel, de suppléer aux absences de ressources sauvages par l’ensemencement et l’engraissement de poissons domestiqués. Or, à l’exception des tilapias, carpes et de quelques autres espèces omnivores, la plupart des poissons d’élevage parmi les plus populaires tels que les saumons, thons et truites sont carnivores. Qui plus est, leur précieux gras polyinsaturé Oméga-3 les rend très bénéfiques pour la santé et particulièrement recherchés. Il leur faut donc des protéines animales et des lipides d’une qualité sans compromis, afin de favoriser leur croissance et de maintenir leur avantage nutritif.

pesca

_dessin-surpeche

Surpêche et pollution

FAO-Peches

Perou01

 

Il s’avère que la pêche minotière épuise les océans et compromet abusivement la biodiversité. Les espèces pélagiques les plus recherchées sont les sardines, les anchois, les harengs, les capelans et d’autres spécimens répondant naturellement aux besoins alimentaires d’une faune marine et aérienne dépendante, si ce n’est à ceux de l’homme. Même des espèces abyssales peu fertiles sont maintenant en voie d’extinction en raison du nombre croissant de chalutiers modernes et des technologies de repérage des prises. Bref, on épuisait déjà les océans auparavant pour nourrir l’homme, mais on les épuise encore davantage pour nourrir les poissons et autres animaux d’élevage. En 2014, c’est 37 % des captures de pêche qui sont transformées en farine et en huile de poisson et ce chiffre est en progression. Cet approvisionnement contre nature s’accentue et aucune autre solution de remplacement renouvelable n’est offerte pour le moment.

Autre inconvénient majeur : ces farines de poisson contiennent des restes de contaminants cancérigènes. Découlant ou non d’activités humaines, des minéraux et des produits chimiques tels le plomb, l’arsenic, le cadmium, le mercure, des hormones, les PCP, le pétrole, le plastique et autres produits chimiques se retrouvent en grande quantité dans les océans et contaminent fatalement la chair des poissons. Les agences d’inspection des aliments des pays occidentaux recommandent d’ailleurs particulièrement aux femmes enceintes et aux enfants, de restreindre la consommation de certains poissons gras à une ou deux fois par mois. Par conséquent, l’ingestion quotidienne de ces farines de poisson par les animaux d’élevage accumule ces polluants cancérigènes dans la chair et le gras des animaux dont nous nous nourrissons ensuite.

Enfin, la rareté progressive de la ressource et le coût du transport poussent à la hausse le prix de la viande, des œufs et du lait. C’est l’effet pervers d’utiliser une ressource en déclin pour alimenter une industrie en croissance. Il est impératif qu’une nouvelle source de protéines essentielles sécuritaires et durables soit identifiée.

 

18082_349x266_72_DPI_0

 

pictogram-ghs-pollution

Agriculture et environnement

agriculteur01

pollution02

recolte

L’agriculture constitue la principale utilisation des terres par les humains. Les pâturages et les cultures représentent à eux seuls plus de 37 % de la surface émergée du globe. Plus des deux tiers de la consommation humaine d’eau sont destinés à l’agriculture. La culture et l’élevage en particulier, ont un profond effet sur l’environnement au sens large. Ce sont les causes principales de la pollution de l’eau par les nitrates, les phosphates et les pesticides. Ils constituent aussi les principales sources anthropiques des gaz à effet de serre – le méthane et l’oxyde nitreux – et ils contribuent massivement à d’autres types de pollution de l’air et de l’eau. L’étendue et les méthodes de l’agriculture, de la foresterie et de la pêche sont les principales causes de perte de biodiversité dans le monde. Les coûts externes de ces trois secteurs sont considérables.

L’agriculture nuit également à son propre avenir par la dégradation des sols, la salinisation, le soutirage excessif d’eau, ainsi que la réduction de la diversité génétique des cultures et du bétail. Les conséquences à long terme de ces processus sont toutefois difficiles à quantifier. Elle est aussi une source importante d’émissions de gaz à effet de serre. Elle dégage de grandes quantités de gaz carbonique lors de la combustion de la biomasse, surtout dans les zones de déboisement et de feux de prairies.

L’agriculture est également responsable de presque la moitié des émissions de méthane. Bien que le méthane reste moins longtemps dans l’atmosphère que le gaz carbonique, sa puissance d’échauffement est 21 fois plus forte, et il représente donc un important facteur à court terme du réchauffement de la planète. Ses émissions anthropiques annuelles se montent actuellement à environ 540 millions de tonnes et augmentent de 5 % par an. Le bétail cause à lui seul le quart des émissions de méthane, en raison des fermentations intestinales et de la décomposition des excréments. Avec l’augmentation de la quantité de bétail et l’industrialisation croissante de l’élevage, on estime que la production de fumier augmentera de 60 % d’ici 2030. Les émissions de méthane dues au bétail croîtront probablement dans la même proportion.

La sécurité alimentaire des populations en général et particulièrement les pays pauvres, pourrait souffrir des changements climatiques. À l’horizon 2030, il restera encore des centaines de millions d’humains sous-alimentés ou à la limite. Ils seront particulièrement vulnérables à la perturbation de leurs revenus ou de leurs disponibilités alimentaires du fait de récoltes perdues ou de phénomènes extrêmes comme les sècheresses ou les inondations.

Des méthodes de production plus durables atténueraient les impacts négatifs de l’agriculture sur l’environnement. Dans certains cas, l’agriculture pourra même permettre de résoudre ces problèmes, par une meilleure utilisation des biomasses, le stockage du carbone dans le sol, en favorisant l’infiltration de l’eau, en entretenant les paysages ruraux et la biodiversité. De fait, le recyclage de certaines biomasses agricoles en nutriments et en fertilisants serait un pas éloquent vers une sécurité alimentaire à retrouver et une lutte aux changements climatiques à contenir.

En résumé, la sécurité alimentaire est menacée et la biodiversité aussi. Il existe pourtant une solution naturelle et durable à ce déséquilibre structurel profond dans la chaîne alimentaire de l’homme : un nouveau paradigme est nécessaire.

2991140329

899242-1063930

vache1